Les Marronniers, nouvelle qualité d’habiter à Vénissieux

Passagers des Villes a récemment démarré la rénovation des espaces extérieurs de la résidence Les Marronniers, un ensemble d’habitat social de 402 logements, construit dans les années 1970 à Vénissieux. Il s’agit d’une opération globale de réhabilitation et de rénovation des espaces extérieurs, en conception réalisation, pilotée par Bouygues Bâtiment Sud Est, entreprise générale et en collaboration avec Jacky Suchail Architecture, architecte principal, avec Bérim BE ingénierie.

La résidence est située en bordure du plateau des Minguettes, pour lequel nous sommes architectes en chef. Nous sommes donc ravis de continuer à nous investir pour la transformation de ce territoire.

Rencontre avec Aurélien Raguet, paysagiste chez Passagers des Villes.

Quels seront les bénéfices de la réhabilitation des espaces extérieurs pour les habitants de la résidence ?

Le premier bénéfice, c’est la mise en conformité en termes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. En effet, la résidence a été construite il y a près de 50 ans, bien avant l’entrée en vigueur de normes en la matière. Nous allons aménager une rampe d’accès au droit de chaque hall d’entrée.

Par ailleurs, nous renouvèlerons le mobilier urbain et l’offre de jeux, qui souffrent d’obsolescence. L’objectif est de susciter une réappropriation des espaces extérieurs en réintroduisant des usages collectifs qui répondent aux attentes des habitants. Ceux-ci seront sollicités dans le cadre d’une concertation afin de donner leur avis sur le dimensionnement de l’aire de jeux, la typologie et la diversité des activités proposées, la classe d’âge ciblée… Aujourd’hui, ces vastes espaces ne servent qu’au stationnement et aux cheminements piétons. Demain, grâce à la réhabilitation, ils seront transformés en espaces de vie.

La résidence des Marronniers aujourd’hui : de belles qualités végétales et architecturales mais des espaces extérieurs et de transition sans usage.

Comment avez-vous pris en compte les contraintes du changement climatique ?

Les aménagements vont permettre de diminuer la place des surfaces en béton ou en enrobé au profit de revêtements plus perméables, propices à l’infiltration des eaux pluviales

Le projet vise aussi à lutter contre le phénomène d’îlot de chaleur. C’est la raison pour laquelle nous avons prévu de compléter la palette végétale. Le site dispose d’un patrimoine arboré de qualité, non seulement en termes de diversité d’espèces (il n’y a pas que des Marronniers !), mais également en termes de quantité d’arbres. Il importe d’y associer à la fois une strate d’arbustes (sa fonction ?) et une strate au sol, avec par exemple des graminés, qui permettra de conserver la fraîcheur.

Ainsi, en écho au confort d’habitat retrouvé dans les appartements, les espaces extérieurs contribueront eux aussi à la qualité de vie au quotidien.

Les espaces extérieurs sont donc selon vous un prolongement des logements ?

En effet, c’est sous cet angle que nous avons défini le projet de résidentialisation. Les abords extérieurs constituent la « première partie » de l’habitat, celle que l’on voit en premier en arrivant chez soi, ou en quittant la résidence. Ils font partie intégrante du lieu d’habitat. Les aménagements extérieurs au niveau de chaque entrée, conçus comme des parvis, créeront une sorte de lien psychologique et technique entre l’intérieur et l’extérieur. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons tenu à travailler avec Jacky Suchail sur le volet architectural de la mission, spécifiquement sur les enjeux des rez-de-chaussée.

Dans cette même idée d’amélioration globale du cadre de vie, nous avons prévu d’adoucir la perception visuelle des pignons sans fenêtre grâce à l’implantation de plantes grimpantes. L’ambition de rénovation des murs intérieurs de chaque logement se « reflètera » jusque dans le traitement des façades.