Réaménagement du coeur de ville de Belfort : c’est gagné !

La ville de Belfort s’engage pour son centre-ville avec une ambition certaine, visible et le travail est engagé depuis de nombreuses années. Reste que l’enjeu de revitalisation perdure, malgré les interventions sur l’espace public, ce qui ne manque pas de nous interroger : comment l’espace public peut-il se mettre plus et mieux au service des politiques publiques ? Quel sens, quelles fonctions leur donne-t-on dans la ville : lieux de passages, lieux de convivialité, espaces fonctionnels destinés à mettre en valeur les autres fonctions patrimoniales ou commerciales ? 

Ces questions sont au coeur de la mission de transformation des espaces publics phares du centre-ville – le Faubourg de France et la place Corbis – que les Passagers viennent de remporter avec Artelia et les éclairagistes de 8’18.

Entre le centre historique et le pôle gare, bordé du théâtre et de commerces, ces deux espaces constituent le coeur battant de la commune. Cependant, nos premières observations nous l’ont bien montré : on y vient, on y déambule, mais on n’y reste pas. Malgré la qualité et la cohérence d’écriture – les espaces publics du centre-ville ayant été requalifiés et piétonnisés en 2005 – le manque de confort urbain et d’animation des espaces publics contreviennent à la grande qualité patrimoniale et au grand potentiel de l’ensemble. Des espaces très minéraux, peu d’aménités, parfois un manque de lisibilité et de hiérarchie entre les espaces et des travaux successifs qui ont abîmés la cohérence des revêtements… il s’agit finalement d’intervenir en finesse. La commune nous demande ainsi de transformer sans dénaturer, d’améliorer en respectant l’existant. Un véritable travail de régénération urbaine qui correspond – à notre sens – aux besoins de faire la ville autrement : en réparant, en partant du déjà-là pour augmenter le confort d’usage, la convivialité, le plaisir de la déambulation et favoriser le retour de la biodiversité par une richesse des sols. Retrouver une ville vivante, dans tous les sens du terme.

Nous développons – pour répondre à ces enjeux – le concept de la rue jardin : une rue où l’on se sent chez soi, où l’on a envie de s’arrêter, où l’on prend du plaisir à voir l’évolution de la végétation au fil des saisons, où l’on peut d’ailleurs contribuer à son entretien. 

Sur la base de la végétation existante, la rue jardin est aussi l’occasion de compléter et de densifier la végétation du Faubourg de France ainsi que de la Place Corbis et de répondre à l’enjeu fort de l’écologie, de la végétation en ville et de la lutte contre le phénomène d’îlot de chaleur. 

Il s’agira de ponctuer l’espace du centre-ville de jardins autonomes qui allient mobilier et espaces végétalisés comme autant de micro lieux propices à l’échange, à la convivialité et permettent de faciliter l’installation et l’intégration de terrasses, de lieux de pause, d’espaces de jeux et pourquoi pas, de jardinage collaboratifs, compléments indispensables de l’état actuel. 

La rue jardin : première ébauche de déploiement sur les espaces publics du centre-ville de Belfort (c) Passagers des Villes

Ces micro-lieux prennent la forme de mobiliers jardins intégrant bancs, assises et végétal. Ils permettent, par leurs configurations de répondre à des enjeux de sécurité en marquant les espaces modes doux et véhicules avec souplesse. Ils offrent une lecture nouvelle des places et du Faubourg, créent des événements dans des aménagements aujourd’hui trop linéaires, trop vastes et invitent donc à de nouveaux usages, tout en offrant un nouveau confort urbain ( fraîcheur, esthétique florale, convivialité ). 

Le concept de mobilier jardin fait également écho aux enjeux patrimoniaux et esthétiques de la ville, par leur design, mais aussi par le nouveau rapport au patrimoine bâti qu’ils permettent. 

Enfin, la rue jardin s’adosse parfaitement à l’existant : adaptable, le mobilier peut jouer avec les différences de niveaux, s’implanter en pleine terre quand il n’y a pas de réseaux en sous-sols, s’implanter sur le revêtement existant sinon, jouer avec et autour des arbres existants, prendre différentes formes, dans une grande cohérence esthétique et visuelle. 

Démarrage de la mission début 2022… et on a hâte !