Quartier Bellevue à Saint-étienne : la ville productive

Porte d’entrée sud de Saint-Etienne et, notamment grâce à la gare, véritable articulation entre les vallées industrielles de la Loire : l’Ondaine et la vallée du Gier – objets d’un projet partenarial d’aménagement – le quartier Bellevue est un secteur typique du bassin stéphanois. Un secteur où l’industrie est encore présente, ultra dynamique même, au coeur d’un quartier ouvrier. Ce quartier porte ainsi une histoire vivante, à laquelle les habitant.e.s et élu.e.s sont très attachés.

Comment faire vivre cette mémoire dans une ville productive – un véritable lieu d’intensité économique – adaptée aux enjeux, besoins et envies d’aujourd’hui ? C’est la question clé au coeur de la nouvelle mission des Passagers, avec Ville en Oeuvre – mandataire du groupement – Inddigo et Sitétudes. Car, dans ce quartier singulier où anciennes maisons de maîtres côtoient une ancienne brasserie transformée en lieu associatif et culturel très attractif, où l’activité des entreprises internationales n’empêchent pas une véritable qualité paysagère et des vues superbes sur les collines stéphanoises, la cohabitation des usages n’est pas toujours simple. Les différentes circulations, la vitesse, les aménagements ne laissant que peu de place aux piétons posent question en termes de sécurité, de plaisir à déambuler, de pollution aussi. Et beaucoup des qualités du quartier ( son accessibilité, ses espaces libres, son paysage, ses équipements loisirs et scolaires, son dynamisme économique et associatif ) sont confidentielles, isolées, ne font pas « ville ».

Dès lors, avec nos partenaires, nous misons sur l’énergie locale et les singularités pour agir dans les interstices, les zones mutables identifiées autour de la gare ou au pied de la colline de la Cotonne et les circulations problématiques, pour rééquilibrer cet éco-système urbain d’une grande qualité.

Synthèse du diagnostic : entre paysage, pépites et enclavement. (c) Passagers des Villes

En termes de confort urbain, nous travaillerons à résoudre les conflits d’usages en donnant de la place aux piétons, aux cycles autour du gare renforcée comme véritable pôle multimodal. Nous nous engageons également dans le sens de la proximité : il s’agit notamment de développer une offre commerciale et de restauration. Il s’agit encore de profiter du futur retournement de la gare de Bellevue pour développer les mix-mobilités vers plus de modes actifs en direction des zones d’emploi. Qualité et agrément des parcours constituent en effet, comme l’animation du quotidien, des clés du maintien de l’attractivité du secteur, pour les professionnel.le.s, le milieu associatif ou les résident.e.s.

Ainsi, le travail sur l’apaisement des circulations posera-t-il la base d’un nouveau rapport à la nature en ville. En termes de santé physique et de sociabilité, nous nous attachons à valoriser les espaces publics internes au quartier, aujourd’hui lâches et avec peu d’usages, pour les intégrer aux réseaux des espaces publics et naturels proches, dans une logique de « parcours vert » permettant promenades et pratiques sportives aux salarié.e.s comme aux habitant.e.s et collégien.ne.s. Nous nous engageons également à intégrer les enjeux de pollution de l’air / des sols, importantes dans ce quartier industriel, par une programmation qui tienne compte de ces contraintes fortes.

La mise en réseau des espaces naturels et d’espaces à végétaliser en coeur de quartier nous intéresse également en ce qu’elle permet l’ouverture de ce secteur enclavé vers l’extérieur ET la diversification des espèces végétales et animales, renforçant ainsi la biodiversité locale.

Enfin, nous sommes très sensibles à la mémoire et à l’attachement au quartier, essentiels à un « habiter » au sens fort, à un ancrage nécessaire. L’enjeu est bien ici de densifier de manière raisonnée, en travaillant les populations cibles et les formes urbaines et architecturales respectueuses de l’architecture vernaculaire.

Dans ces secteurs témoins d’une ville attachante – et pas chiante comme le prônent Ariella Masboungi et Antoine Petitjean – la délicatesse est de mise, l’intervention délicate. Pour notre mission, la phase « scénarios » qui s’ouvre est donc stratégique.