Eden, nouvel îlot de verdure en coeur de ville

Un cinéma enchâssé dans un îlot bâti dense, en plein centre-ville de Saint-Etienne, à deux pas de la place de l’hôtel de ville, fermé depuis 2003. Et demain, un nouveau jardin nature, participant à la biodiversité et à la fraîcheur urbaine, dans un coeur de ville aujourd’hui très minéral.

Impliqués depuis quelques années sur la stratégie urbaine à mener pour reconfigurer cet îlot complexe, Passagers des Villes et Berim conçoivent aujourd’hui un nouveau lieu apaisé et vivant, inscrit finement dans son environnement immédiat, pour le compte de l’EPASE. Les bâtiments démolis ( celui du cinéma Eden, mais aussi ceux des bâtiments sur rue ), sous maîtrise d’ouvrage EPORA, ouvrent l’espace vers un espace public à taille humaine, qui donne des envies d’appropriation. La démolition génère également des pignons aveugles, des contreforts pour les maintenir et rend visibles les arrières des immeubles adjacents. L’espace ainsi libéré est donc un espace brut, aveugle, fermé.

Nous relevons le défi et proposons de composer avec l’éco-système existant pour l’emmener vers un équilibre nouveau, enthousiasmant, vivant, vibrant. Un premier travail important de médiation et d’activation a d’ailleurs été effectué par nos complices de La Formidable Armada pour intégrer le déjà-là des envies, vécus et propositions des Stéphanoises et Stéphanois.

Les murs pignons deviennent supports à l’expression de cultures variées : une treille pour les plantes grimpantes, une fresque, des projections… 

Les structures qui animent ces murs jouent un double rôle d’habillage graphique et de support de biodiversité : plantes grimpantes, abris, nichoirs, hôtels à insectes, réserves d’eau… et ce, en accompagnement du jardin lui même, dont l’ambition est de devenir un  véritable réservoir de biodiversité en plein centre-ville.

Nous nous appuyons sur le rythme des contreforts pour séquencer le paysage du jardin, du public à l’intime, de micro-places jusqu’au jardin potager associatif. Au coeur de la ville, la composition du jardin offre des espaces d’agrément et de fraicheur aux ambiances variées : pelouses, séquences intimes, chemins ombragés bordés de haies, espaces naturels préservés … espaces à vivre en fonction des envies, des temps de la journée, des moments de l’année. 

L’eau y est mise en scène en tant que source de fraicheur et d’agrément, mais surtout comme une ressource rare à préserver. Des dispositifs de collecte et de stockage permettent de gérer les eaux de pluie pour les réutiliser en période sèche au profit de la flore et de la faune. 

Enfin, l’ouverture au public de cet espace discret, en dent creuse, passe selon nous par la proposition d’animations, qui pourraient faire événement et contribuer à l’identité du lieu. L’immense mur aveugle ouest, pourrait ainsi devenir un « mur habité », où s’installeraient de petits pavillons qui accueilleraient les futurs animateurs du lieu : micro brasserie avec terrasse, cinéma en plein air, jeux de société géants… la vie associative stéphanoise ne manque pas d’idées !

Le jeu de mot est facile mais l’intention bien réelle : le projet est bien celui d’un jardin d’Eden, lieu de quiétude multiple et foisonnant de vie, pour les habitants et habitantes de Saint-Etienne, humains… ou pas !