Lons le saunier, ville nature

Plus de nature en ville, l’intention est aujourd’hui largement partagée, le besoin des citadines et citadins clairement exprimé. Mais quelle ambition donner à cette vaste notion – parfois floue ? Quelles façons de transformer le territoire ? Comment faire participer les habitants et habitantes au quotidien ? Quelles freins et quelles évolutions des modes de penser et de faire ?

C’est à cet ensemble de questions que s’attèlent Tribu et Passagers des Villes, pour accompagner la nouvelle équipe municipale de Lons-le-Saunier. La commune s’est construite historiquement autour de l’eau mais la couverture de la Vallière au XXe siècle symbolise, comme partout sur le territoire français, la préférence pour une ville fonctionnelle, au service des activités économiques. Cette tendance montre bien les évolutions de la ville au regard de la nature : dominée pour rendre service, elle est mise de côté au profit de l’habitat, de l’industrie, de la voiture.

Certes, Lons peut encore s’appuyer sur des atouts indéniables :

  • les grands parcs – qui accueillent entre autres de beaux arbres matures servant d’habitat et de ressources à différentes espèces,
  • la réserve naturelle régionale du Mancy qui constitue un site naturel exceptionnel
  • ou des zones humides dans le secteur des bassins Jean-Michel.
  • De même, lorsque l’on sort de la stricte limite communale, on se retrouve dans un paysage de nature de grande qualité visuelle,environnementale et d’usage.

Mais le centre-ville patrimonial reste très minéral, les zones d’activités en périphérie très imperméables, la place de la voiture très prégnante. Autant d’aménagements lourds, structurels ou liés à l’identité de la commune, qui semblent difficiles à faire évoluer.

Première approche cartographique des grandes masses de trame verte à Lons le Saunie (c) TRIBU

L’enjeu de la mission consiste donc à faire se rencontrer l’ambition politique et le territoire : trouver les lieux d’atterrissage, les interstices, les actions visibles, faciles et impactantes et travailler, également, le long terme, l’aménagement durable du territoire à l’horizon 2030.

La démarche de la collectivité nous enthousiasme et nous interroge tout à la fois. Ces grandes questions guideront d’ailleurs notre approche :

• Comment passer du verdissement à la nature en ville ?
L’ambition de nature en ville vise autant à favoriser la biodiversité qu’à améliorer le confort urbain. De nombreux outils et initiatives émergent pour répondre à cet enjeu majeur de l’urbanité de demain. Pour autant, comment faire en sorte que ces différentes actions possibles ne constituent pas des aménagements “gadgets”, visibles mais peu utiles finalement à la biodiversité, au confort, à la gestion des eaux pluviales et aux usages?

• L’ambition politique rencontre-t-elle les envies habitantes ?
Evidemment, l’équipe municipale a été élue à la majorité, nous pouvons donc supposer que les ambitions sont partagées. Il s’agit d’aller au-delà de cette supposition car la réintroduction de la nature en ville impacte les modes de vie, de déplacements et de rapport à la ville. L’un des enjeux de la mission réside ainsi autant dans la structuration des actions à mener que dans la mise en route d’une dynamique de participation et d’appropriation de la part des futur-e-s usagers et usagères de l’espace public.

• Comment la nature en ville peut-elle transformer la ville ?
La redynamisation de la commune, son attractivité résidentielle et commerciale sont un enjeu majeur, conforté notamment par le programme Action Coeur de Ville. Dès lors, nous imaginons que la politique publique autour de la nature en ville peut devenir une politique transversale au service de l’ensemble des projets menés.

• Par où commencer ?
C’est bien là tout le sujet : l’envie est là, les moyens aussi au vu du budget voté récemment, le territoire s’y prête, les esprits semblent prêts mais… comment s’y prendre ? 

La méthode de travail alterne entre objectivation des données liées à la nature en ville aujourd’hui ( analyse des taux d’imperméabilisation et taux d’artificialisation, intérêt écologique des espaces existants, recensement des espaces à potentiels végétalisables ) – concertation avec la population – identification d’opération phares destinées à enclencher la dynamique et pédagogie sur le long terme par la réalisation de guides de bonnes pratiques. Elle nous permet d’embrasser pleinement le sujet et d’outiller la collectivité pour mener à bien sa belle ambition. Dynamisant !