Du béton à la ferme urbaine : transformation des espaces extérieurs de deux résidences à Lyon

Projet livré !

Entre deux lignes de tramway, à proximité immédiate du Lycée Lumière et d’activités commerciales et tertiaires, les résidences Eugène André Cazeneuve composée de 470 logements, se situent au coeur du 8e arrondissement de Lyon. Et c’est bien ce qui posait question initialement : ce grand îlot traversant et ouvert de 3 hectares était devenu un lieu de cheminements piétons ou de shunt automobile, sans perception des limites public / privé. Les espaces extérieurs manquaient de qualité et donc, d’usages. A ceci s’ajoutait une impression de déqualification et d’immobilisme quand le reste du quartier se transforme.

Passagers des Villes, avec Otéis et Marie-Lys Errard pour la facilitation graphique, a travaillé en collaboration étroite avec le bailleur Grand Lyon Habitat pour inverser la perspective et offrir un cadre de vie plus adapté aux besoins des habitants.

Plusieurs ateliers de concertation, menés par l’agence, ont permis de mettre au jour des priorités : la sécurisation des accès sera indispensable pour enclencher le changement, les enfants doivent pouvoir jouer en sécurité et si, possible, de façon à être vus depuis les logements, les grands espaces des cours intérieures doivent retrouver des usages pour tous, la collecte des ordures ménagères doit être repensée et les espaces verts et les grands arbres qui existent déjà doivent être préservés – le besoin de verdure se faisant sentir dans cet environnement très minéral.

En cours de projet, le bailleur intègre une donnée nouvelle : une ferme urbaine – élaborée par Place au Terreau – prendra place sur la « grande cour ».

Le contexte urbain et paysager, les avis recueillis lors de la concertation, les enjeux du bailleur et la dynamique d’agriculture urbaine inspirent aux Passagers un projet de recyclage urbain, dans lequel la biodiversité affleure sous le béton et où la voiture se met de côté pour laisser la place aux piétons. Les espaces extérieurs de la résidence deviennent un véritable prolongement des logements, un lieu de vie collective de proximité, suffisamment vivant pour éviter les confiscations, suffisamment beau pour être fier d’y habiter, suffisamment soucieux des enjeux climatiques pour offrir de la fraîcheur en ville.

Ainsi, nous réutilisons au maximum les voiries et les réseaux existant, en retrouvant un sol fertile à la place du bitume. Nous transformons les usages en profondeur, dans un budget maîtrisé et une économie de matériaux, en retravaillant le fonctionnement de la résidence :

  • Les entrées sont protégées par un portail, certaines sont supprimées.
  • Le stationnement est réorganisé et dédié aux immeubles, libérant ainsi de l’espace pour d’autres usages, d’autres circulations. Les espaces de parking sont désimperméabilisés.
  • Une voirie est transformée en rue ludique à destination des enfants. La suppression de la circulation permet également d’éviter les effets de shunt.
  • Les rez-de-chaussée sont mis à distance des stationnements et les trottoirs protégés par des plantations d’espèces locales, résistantes et agréables aux sens : fleurs, couleurs et senteurs sont au rendez-vous.
  • 110 nouveaux arbres et 9000 plantes ( vivaces, graminées, arbustes ) sont plantés, en recherchant les espèces locales et diversifiés, pour favoriser la biodiversité et l’esthétique visuelle, mais également résistantes, pour intégrer dès maintenant les enjeux du changement climatique.
  • Les espaces communs deviennent le support de différentes pratiques ( sports, jeux d’enfants, jardinage … ) et deviennent une véritable extension de chez soi en extérieur.
  • La mise en scène du Jardin 8e Cèdre, dédié au maraîchage urbain et à la médiation transforme radicalement l’espace en permettant de retrouver de la pleine terre utile et un rapport de proximité à l’alimentation.

Une séquence de dialogue avec les résidents – en cours – permettra de recueillir leur avis sur les aménagements, un retour d’expérience trop rare et bienvenu !