Dans le concret des coeurs de ville, en Haute Saône

Après avoir rénové le pôle gare de Vesoul, aménagé la place Pasteur de Besançon et alors que nous travaillons sur l’aménagement du parc d’activités d’Echenoz-la-Méline, l’agence poursuit ses réflexions franc-comtoises, sur deux belles missions remportées récemment. Bien qu’évidemment spécifiques, les deux secteurs de projet nous permettent d’entrer dans le concret de la revitalisation des centres-villes / centres-bourgs.

A Vesoul comme à Gray, c’est à l’échelle de l’îlot que se joue la transformation progressive du coeur de ville : des opérations leviers, à même d’engager le changement d’image et d’usage, à même d’accueillir de nouvelles fonctionnalités pour rendre service au quotidien, à même aussi, de poser les bases concrètes d’une ville adaptée aux enjeux actuels et à venir.

Le site de l’ancien collège Gérôme, à Vesoul, est ainsi situé dans une position d’interface entre la ville haute et la ville basse, entre tissu pavillonnaire et ville historique. Bâtiment patrimonial majeur, il est fermé depuis 2018, un véritable bouleversement mais aussi une très belle opportunité à saisir. La future « cité Gérôme » offre de magnifiques panoramas sur la ville basse et une forme d’intimité avec le paysage de l’emblématique colline de la Motte. Elle est par ailleurs constituée de terrasses, jardins, passages qui permettent d’envisager des aménagements paysagers de grande qualité pour un nouveau morceau de ville à la fois apaisant et vivant.

En effet, hormis les espaces extérieurs, travaillés en partenariat étroit avec Ingetec, nous réfléchirons avec CP&O à la transformation du patrimoine bâti pour offrir une programmation à la hauteur de l’importance symbolique et stratégique du site dans la ville. L’occasion de nous intéresser aux services manquants dans la commune, aux énergies portées par les habitants, aux dynamiques en cours d’émergence, pour qu’elles puissent s’incarner dans un projet urbain complet, à la juste échelle.

Le centre-ville de Gray – deuxième secteur d’étude remporté par l’agence avec la SEDIA – connaît une situation bien connue : habitants, commerçants et porteurs de projets d’activités choisissent majoritairement le périurbain, délaissant le coeur de ville. L’équipe municipale s’est lancée dans un ambitieux projet de revitalisation, qui se concentre sur un îlot de la ville basse : la Tour de Grosse. Aux portes du centre-ville patrimonial, l’îlot doit servir de laboratoire pour diffuser de nouvelles pratiques, de nouveaux usages et insuffler une nouvelle attractivité.

Gray, un beau potentiel pour un coeur de ville à redynamiser

En complément d’une déambulation culturelle au cœur de la ville historique et d’une
promenade fluviale, prévu dans le plan de revitalisation, nous souhaitons créer un lieu différent au seuil de ces entités. Un lieu qui fasse le lien et qui anime ce cœur de ville par sa fréquentation.
L’enjeu dans un premier temps est donc bien de trouver la bonne échelle et d’interroger les vocations, l’identité de l’îlot au regard du futur coeur de ville : aérer un tissu urbain dense, ancien et vacant semble être un bon postulat de départ. Le rendre perméable également, mais dans quel but ? Cet espace doit être calibré au regard de sa complémentarité avec les espaces urbains adjacents. Son intégration centre bourg doit ainsi favoriser la lisibilité des parcours depuis la Saône et la création d’usages singuliers, qui permettront l’appropriation de l’espace public et l’attractivité des commerces alentours.

De la même manière, le traitement des façades des bâtis conservés en coeur d’îlot, apparaissant aujourd’hui comme des arrières, devront être considérées comme des opportunités de mise en valeur du patrimoine. Un soin particulier devra être ainsi porté aux seuils entre espace privé et espaces public.

Les réhabilitations devront également viser à satisfaire les besoins d’aujourd’hui, qui ne trouvent pas d’offre correspondante en centre-ville. Au coeur de la problématique : comment souhaite-t-on habiter aujourd’hui dans le centre-ville d’une commune moyenne ? Et demain ? Les réponses à ces questions seront la condition pour que s’estompe le besoin d’aller trouver ailleurs ce qui n’existe pas ou plus près de chez soi.