Humbert David et la Villeneuve à la Biennale d’archi de Lyon

Résolument enthousiasmée par le thème de ce nouveau rendez-vous autour de nos métiers, les « utopies concrètes », c’est avec plaisir que l’agence participe à la Biennale d’architecture de Lyon.

Humbert David est intervenu ce samedi 10 juin sur la plus concrète des utopies qui nous occupent en ce moment : la Villeneuve de Grenoble et son projet de renouvellement urbain, pour lequel nous sommes architectes-urbanistes en chef, et qui vient réinterroger et challenger l’utopie des années 70 (programme des journées consacrées à ce quartier hors – normes, sur lequel nous sommes fiers de nous pencher, ici)

Le « mythe » de la conception  du quartier par l’AUA était au coeur des débat entre les différents concepteurs présents sur le « plateau radio » de la Sucrière. L’intelligence du projet d’origine, portant sur les grands logements et les vues, les lieux de rencontres et d’échanges sociaux jusque dans les étages, l’éducation ouverte, les voitures hors du quartier pour faire place à un grand parc… exerce encore une forme de fascination. Fascination qu’il convient évidemment de réinterroger au regard du vécu quotidien des habitants, des évolutions des modes de vie, des hypothèses qui ont mal vécu aussi. Si l’on accepte de remettre en cause la doxa voulant que les grands ensembles n’ont aucune qualité, la Villeneuve offre des pistes de transformation permettant de faire vivre cette utopie autrement, sur d’autres sujets. C’est ce qu’Humbert David a souhaité mettre en avant dans son intervention : les années 70 et leur foi en l’avenir ont donné naissance à un projet très en avance sur son temps, il nous faut retrouver les leviers de cette projection sur le long terme, trouver là où cela se joue aujourd’hui. Et peut-être l’utopie renouvelée est-elle la conquête du reste de la ville par les valeurs urbaines qui prévalent à la Villeneuve, plutôt que la défense du « monument historique ». Sans oublier que, pour rester fidèle à l’idée d’origine, notre principal objectif est de contribuer à un bien-vivre ensemble collectif, le projet urbain devant marcher de paire avec un projet éducatif, environnemental, social, culturel…

Le lendemain de ce débat, le collège Lucie Aubrac, symbole architectural et au coeur du projet éducatif ouvert de la Villeneuve, était victime d’un incendie criminel. De quoi s’interroger encore plus sur la place de l’utopie dans la réelle nécessité de transformation du quartier.

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(c) Dauphiné Libéré