Voiture sans conducteur = ville sans routes ?

Passagers des Villes, dans le groupement d’AMO piloté par Christian Long de l’agence de prospective Stratys, participe avec envie et intérêt à l’atelier prospectif autour de la « vie robomile ». Piloté par l’Etat, en particulier le ministère de l’énergie, de l’environnement et de la mer, l’atelier  vise à croiser les expertises et les regards pour alimenter les réflexions et in fine, les politiques publiques de mobilité et d’aménagement, sur les tenants et les aboutissants de la future voiture autonome.

Loin de n’être qu’une rêverie de science fiction, la voiture autonome, c’est-à-dire sans conducteur, est déjà à nos portes. La navette Navly à La Confluence (LYON) transporte déjà des passagers et Dubaï a présenté au CES de Los Angeles un véhicule volant autonome, pour 2018.

Dès lors, si l’on ne conduit plus nos véhicules, s’ils sont multi-utilisés et non polluants… que faire de notre temps de trajet ? Le train a t’il encore un avenir ? Quelle place pour les exclus du numérique ? Qui va contrôler les données ? Quels nouveaux rythmes de vie? Qui seront les acteurs clés? Quelles nouvelles prises de risques ? Quid de la liberté de circulation ?

Le 2 mai dernier, lors du séminaire de lancement de l’atelier prospectif, la Mission des Transports intelligents (MTI) du Ministère de l’environnement avait réuni une cinquantaine d’acteurs de la vie publique d’horizons différents (IFFSTAR, France Stratégie, ADEME, CEREMA, OuiShare, SNCF, Fondation  Nicolas Hulot, OCDE, La Poste, La Ville de Paris …) pour ouvrir le champ des questionnements et des possibles.

Sur proposition de notre complice Stratys, AMO pour le lancement de la démarche d’atelier, Humbert David – directeur de Passagers des Villes, animait un atelier sur les impacts de la robomobile sur la ville : a t’on encore besoin de rues ? De feux de signalisation ? De passages piétons? De parkings ? Va t’on vers de grandes zones de stockage de véhicules en dehors des agglomérations, que l’on aurait plus qu’à « siffler » pour qu’elles viennent nous chercher devant chez nous? Quid du rapport ville / campagne? Et que faire des espaces éventuellement dégagés? Doit-on prévoir d’ores et déjà des aménagements réversibles, prêts à cette évolution ?

La réflexion n’en est évidemment qu’aux prémices mais promet d’être passionnante et nous engage à réfléchir nos aménagements dans une perspective tout autre.

Plus besoin de rue ?
En 2300, une ville verte et des drones sur les balcons?