HLM made in Singapour

Les Passagers s’éparpillent aux 4 coins du monde, certains sont en vélo en Thaïlande, d’autres ont élu domicile à Singapour. L’occasion de visites urbaines instructives !

La cité-Etat d’Asie du Sud-Est n’a pas toujours été aussi prospère qu’aujourd’hui. Dans les années 50, elle sort à peine de l’occupation malaise et fait face à un manque d’habitations décentes, la partie urbaine de l’île est désorganisée, surpeuplée, composée majoritairement de bidonvilles insalubres. Dès lors, dans les années 60, la politique profondément volontariste Housing and development board (HDB) vise à construire, pour tous, un habitat abondant, décent et à bas coût en misant résolument sur la grande hauteur et la forte densité. L’objectif annoncé est de former une île de propriétaires pour qu’ils soient partie intégrante du développement de la nation. 10 ans plus tard, le pari était réussi puisque la moitié de la population vivait déjà dans des HDB.

Au-delà de l’efficacité constructive, les HDB constituent aujourd’hui un modèle intéressant pour le touriste-urbaniste en visite. 90% des Singapouriens y logent aujourd’hui, dans une majorité d’appartement familiaux de 3 chambres et en sont propriétaires, le prix de vente étant calculé sur la base d’une ristourne par rapport au prix du marché et de subventions, mais en aucun cas lié aux coûts de constructions.  Dès lors, les HDB des années 2000 ou les rénovations des HDB des années 60, donnent lieu à des bâtiments impressionnants par leur hauteur, leur qualité… et leur jardin sur le toit du 50e étage! Par ailleurs, les remboursements des propriétaires sont plafonnés à 25% de leurs revenus. Autant dire que l’on est loin du modèle « HLM » à la française.

C’est le cas aussi lorsqu’on observe la qualité de vie au quotidien dans les HDB : le lien social a été fortement recherché, tout comme le rapprochement avec les parents âgés (ce qui favorise les attributions de logements). A l’intérieur des grands ensembles donc, des préaux en rez-de-chaussée pour accompagner les rassemblements entre voisins, des salles de repos ou de travail, des jeux d’enfants et des agrès sportifs pour les anciens dans le même espace, des scènes pour les habitants les plus artistes et en rez-de-chaussée, épiceries, pharmacies, food-court (ensemble de restaurant autour de grandes tables à partager)… Le tout très propre, bien entretenu et apparemment très respecté. Reste que la politique « d’harmonie raciale » imposant des quotas de mixité de population au sein des immeubles peut nous paraître étrange.

The Pinnacle – HDB des années 2000 – 7 bâtiments / 50 étages

 

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