La croissance par l’étalement, une fatalité?

A Riom, l’équipe de Passagers des Villes EAGD, avec ITF, est interrogée sur les capacités de mutation de la zone péri-urbaine à l’entrée sud de la ville, pour en faire un véritable quartier de ville. Dans le cadre de la démarche collaborative en workshop, des axes de réflexion ont été validé au mois de juillet dernier : une envie de ville sur cet espace (support de rencontres – nouvelles formes d’habiter – présence des services publics), une volonté de la collectivité de ne plus subir le développement, mais bien de l’initier et enfin, la nécessité d’un changement radical des modalités d’élaboration des projets : collaboration plus forte avec les citoyens, meilleure réactivité,  adoption d’une démarche prospective.

L’agence met en regard les ambitions de Riom communauté et les grandes tendances à l’oeuvre localement comme nationalement pour poser les questions qui apparaissent en filigrane dans cette étude : vers où et comment se développer dans un contexte ultra contraint? Le développement passe t-il par l’agrandissement de l’enveloppe urbaine ou par le renforcement de l’existant?

Nous pointons les indicateurs de diminution de la population (chiffres INSEE), la hausse de la précarité énergétique et les dépenses croissantes de la collectivité en lien avec l’étalement des réseaux, corrolaire de l’étalement urbain à l’oeuvre depuis les années 70. Nous mettons également en perspective des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : la Ville de Riom a perdu 3,3% de population entre 19999 et 2010, 90 logements neufs sont construits par an, 90 logements deviennent vacants chaque année et les objectifs du SCOT visent 1650 logements supplémentaires à l’horizon 2030.

Dans ce contexte, deux choix sont possibles : poursuivre la tendance  de l’aménagement des périphéries, en proposant une qualité de vie et une mixité fonctionnelle exclusivement sur les nouveaux quartier, mais en laissant se paupériser le centre-ville.

Le deuxième choix présenté propose de travailler dans le sens de la compacité de la ville, pour l’adapter à son contexte, à ses moyens financiers et aux besoins de plus de confort, de proximité, de liens en ville. Nous envisageons de réinvestir les 50 hectares de friches en hyper-centre et de capitaliser sur les projets en cours pour atteindre l’objectif d’augmentation de la population stipulée par le SCOT. Les activités commerciales sont également rapatriées en centre-ville, dans des formes renouvelées, et non plus « délocalisées » vers l’entrée sud de la ville. Sur le long terme, l’entrée sud aurait vocation à muter pour laisser la place à de nouveaux usages à destination de l’ensemble de la ville : agriculture péri-urbaine, champ solaire, culture, réserve foncière… Au final, ce scénario laisse la place à une ville redensifiée économiquement, socialement, humainement. Une ville en phase avec son environnement, qui donne envie de vivre en centre urbain, une ville au développement soutenable.

Pour autant, nous ne sommes pas naïfs. Si ce scénario offre une véritable plus-value à la ville en termes de cadre de vie et d’image innovante, il demande de repenser totalement la façon dont nous citoyens et élus, concevons le développement d’une agglomération. Il interroge également les montages opérationnels en vigueur aujourd’hui, qui donnent plus les moyens de construire, que de relocaliser ou de réinvestir.

Alors, une ville moyenne compacte qui se développe sur elle-même au lieu de s’étaler : une simple utopie?

Temps 1 : arrêt des installations commerciales en entrée sud
Temps 1 : arrêt de l’urbanisation au sud de la ville
Temps 2 : recentralisation des activités
Temps 2 : recentralisation des activités et développement des logements « en ville »
Temps 3 : nouvelles vocations
Temps 3 : nouvelles vocations pour l’entrée de ville