Mobilités des territoires ruraux : un travail tout en finesse

Investis depuis plus de trois ans dans les réflexions autour du Grand Genève, Passagers des Villes a présenté le 22 mars dernier un nouveau concept, destiné à mailler le territoire péri-urbain avec efficacité, au service des habitants et de l’environnement.

Depuis 2010, Passagers des Villes travaille avec le projet d’agglomération franco-valdo-genevois à la construction d’une agglomération transfrontalière autour de l’aire d’influence de Genève (voir nos travaux ici). Agglomération qui se veut compacte, multipolaire et verte. Ce projet ambitieux pose de nombreuses questions de développement et d’organisation des territoires français et suisses : comment gérer l’arrivée de population nouvelle dans un contexte de très forte pression foncière? Comment préserver le cadre de vie et les espaces agricoles? Quelles conditions d’attractivité résidentielle et / ou économiques face à l’écrasante force de Genève? …  

Récemment, et dans la lignée d’une étude prospective menée sur le rôle structurant des gares dans l’organisation territoriale, nous nous sommes intéressés plus particulièrement à la question des mobilités : comment organiser les déplacements vers Genève, mais également en interne au territoire, tout en préservant l’environnement?

Passagers des Villes, en collaboration avec CITEC,  prend comme base d’étude le cas de l’aire d’influence de la gare de Pougny Chancy : aujourd’hui, il est plus simple et plus rapide, depuis les villages autour de Pougny, de se rendre à Genève en voiture et presque impossible de se rendre dans un autre village du territoire sans véhicule. Pourquoi? Comment inverser la tendance?

Le 22 mars dernier, nous avons présenté le concept innovant de mobilités fines.

La densité de population de ces zones de village ne permet pas de créer des infrastructures lourdes, peu rentables et peu efficientes. Dès lors, nous proposons de mailler finement le territoire pour amener des solutions de transports jusqu’au domicile des habitants. Nous partons donc des usages, des habitudes, des temps de transports, des efforts que sont prêts à consentir les individus pour se déplacer. Sur cette base, nous proposons de nous appuyer au maximum sur les infrastructures existantes et de développer une gamme de services permettant de faciliter l’accès à la gare de Pougny, et de développer l’envie d’utiliser le train comme moyen de transport quotidien, au détriment de la voiture.

Ainsi, pour atteindre l’objectif de 500 montées / descentes par jour en gare de Pougny Chancy en 2030, contre 30 aujourd’hui, nous proposons des actions concrètes, pragmatiques, chiffrées sur la base de ratios et scandées dans le temps. C’est-à-dire un programme d’actions réalisable.

• Par exemple, l’aménagement d’un P+R et des itinéraires piétons et cycles d’immédiate proximité, dès 2013.

• A l’horizon 2018, afin de favoriser les rabattements des transports en commun vers la gare et de permettre les déplacements inter-territoires, nous proposons la mise en place d’une navette minibus aux horaires cadencés sur les horaires de train. Nous recommandons également de renforcer le confort des zones d’attente des trains (P+R et salles d’attente en gare) pour contrer l’effet « temps perdu » lors des connexions.

• Enfin, à l’horizon 2030, nous recommandons de regrouper les mobilités via des P+R plus importants et des aires de covoiturage; mais également les services à la personne en faisant de la gare un point relais, où l’on peut récupérer son panier de légumes, acheter son pain, poster ses lettres …

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Les mobilités fines, au plus près des usagers, constituent une réponse au casse-tête du « tout voiture » dans les territoires ruraux et péri-urbains (voir nos réflexions sur les territoires ruraux ici). Le cas de la gare de Pougny-Chancy devrait ainsi servir de référence-test pour l’ensemble des gares péri-urbaines Grand Genève.

L’arbre en têtard, symbole des mobilités fines

Aujourd’hui, il est indispensable de penser les mobilités autrement qu’en terme d’infrastructures lourdes et uniquement vers un point central (ici, Genève).

taille arbre

La métaphore des arbres illustre qu’il ne sera pas possible de développer des infrastructures lourdes à partir d’une tête de réseaux lourds.  En contre partie, il faut offrir du service léger aux usagers pour qu’ils puissent se rabattre vers les têtes de réseaux secondaires,  déjà existantes

Pour + d’infos, contacter Aurélie Bougrain (abo@passagersdesvilles.fr), en charge de l’étude.